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Eisenstein – Leçons mexicaines : Cinéma, anthropologie, archéologie dans le mouvement des arts / Laurence Schifano, Antonio Somaini.

Par : Contributeur(s) : Langue : fra Détails de publication : Nanterre : Presses universitaires de Paris Nanterre, 2021.Description : 426 pISBN :
  • 978-2-84016-402-9
Sujet(s) : Disponible sous un autre format : Pas de titreRessources en ligne : Abrégé : L'oeuvre écrite et filmique de Sergueï Mikhaïlovitch Eisenstein demeure un continent encore partiellement inexploré faute de traductions et de publications complètes, notamment en France. L'ouvrage collectif consacré au film inachevé Que viva Mexico ! sous le titre Eisenstein - Leçons mexicaines se propose de revenir à ce chantier fondateur et aux 14 mois passés par le cinéaste soviétique à sillonner le Mexique, à s'en imprégner, entre décembre 1930 et mars 1932. Les "leçons mexicaines" concernent d'abord l'empreinte dont attestent ces "débris" qui, selon Barthélémy Amengual, "respirent un autre air et une autre force que ses films achevés". Mais d'autres formes documentent ce point de fracture dans l'oeuvre d'Eisenstein et sont analysées : l'activité graphique (ses dessins érotiques sur les motifs de la mort du roi Duncan dans Macbeth, sur la corrida et sur la crucifixion), les écrits sur le montage, sur la composition du plan et sur le cadre, la réflexion sur l'extase, les fulgurants écrits autobiographiques qui reviennent constamment à la "rencontre" avec le Mexique. Resitué dans la vaste dynamique de fracture anthropologique qui, à partir des travaux de Lucien Lévy-Bruhl, W. Frazer, Aby Warburg nourrit les avant-gardes des années 1930 et inspire Georges Bataille, Antonin Artaud, David Herbert Lawrence, le face à face d'Eisenstein avec les stratifications et la puissance d'une civilisation autre, participe de la même énergie transgressive. Mais si les "leçons" qu'il en tire et qui l'occuperont jusqu'à sa mort intéressent en premier lieu le cinéaste échappé pour quelques mois au stalinisme, elles impliquent d'autres cinéastes, à d'autres époques et dans d'autres lieux, dans leur lien hypothétique à ce "second" Eisenstein et dans leur propre rapport documentaire et créatif à l'altérité violente et irrationnelle, "primitive" et historique du réel : Orson Welles, Maya Deren,Pier Paolo Pasolini, Glauber Rocha, Cécilia Mangini, Raymonde Carasco. Et parce qu'elles…
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L'oeuvre écrite et filmique de Sergueï Mikhaïlovitch Eisenstein demeure un continent encore partiellement inexploré faute de traductions et de publications complètes, notamment en France. L'ouvrage collectif consacré au film inachevé Que viva Mexico ! sous le titre Eisenstein - Leçons mexicaines se propose de revenir à ce chantier fondateur et aux 14 mois passés par le cinéaste soviétique à sillonner le Mexique, à s'en imprégner, entre décembre 1930 et mars 1932. Les "leçons mexicaines" concernent d'abord l'empreinte dont attestent ces "débris" qui, selon Barthélémy Amengual, "respirent un autre air et une autre force que ses films achevés". Mais d'autres formes documentent ce point de fracture dans l'oeuvre d'Eisenstein et sont analysées : l'activité graphique (ses dessins érotiques sur les motifs de la mort du roi Duncan dans Macbeth, sur la corrida et sur la crucifixion), les écrits sur le montage, sur la composition du plan et sur le cadre, la réflexion sur l'extase, les fulgurants écrits autobiographiques qui reviennent constamment à la "rencontre" avec le Mexique. Resitué dans la vaste dynamique de fracture anthropologique qui, à partir des travaux de Lucien Lévy-Bruhl, W. Frazer, Aby Warburg nourrit les avant-gardes des années 1930 et inspire Georges Bataille, Antonin Artaud, David Herbert Lawrence, le face à face d'Eisenstein avec les stratifications et la puissance d'une civilisation autre, participe de la même énergie transgressive. Mais si les "leçons" qu'il en tire et qui l'occuperont jusqu'à sa mort intéressent en premier lieu le cinéaste échappé pour quelques mois au stalinisme, elles impliquent d'autres cinéastes, à d'autres époques et dans d'autres lieux, dans leur lien hypothétique à ce "second" Eisenstein et dans leur propre rapport documentaire et créatif à l'altérité violente et irrationnelle, "primitive" et historique du réel : Orson Welles, Maya Deren,Pier Paolo Pasolini, Glauber Rocha, Cécilia Mangini, Raymonde Carasco. Et parce qu'elles…

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