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100 1 _aFregosi, Renée
245 1 0 _aArmées et pouvoirs en Amérique latine /
_cRenée Fregosi.
260 _aParis :
_bÉditions de l’IHEAL,
_c2014.
300 _a220 p.
500 _aEbook
520 _a Après la vague de dictatures qui s’abat sur l’Amérique latine dans les années 1960-1970, les années 1980-1990 ont vu le reflux des régimes autoritaires avec les « transitions à la démocratie ». Mais, paradoxalement, les militaires sont restés des acteurs importants de la scène politique. D’abord, dans les pactes et les négociations avec leurs opposants: avec la fin de la guerre froide, et souvent face à des crises économiques et financières considérables, les militaires, las et/ou repus, remettent le pouvoir aux civils. Mais les passations de pouvoir, bien que s’effectuant par l’organisation d’élections libres, auront un prix souvent élevé: impunité pour les crimes de la dictature et intangibilité des rapports économiques et sociaux. Puis, plusieurs militaires vont arriver au pouvoir légalement, par les urnes: le plus surprenant étant sans doute l’ancien dictateur Hugo Banzer en Bolivie, suivi par le plus controversé, Hugo Châvez au Venezuela. Mais les forces armées peuvent également rester maître du jeu politique sans être en première ligne: ce fut le cas au Pérou avec le régime autoritaire civil de Fujimori ; c’est aussi vrai en Equateur mais sous une autre forme, plus complexe. Par ailleurs, les militaires se reconvertissent aujourd’hui dans l’économie avec les « complexes militaro-industriels » et dans les entreprises privées de sécurité. Ils se redéploient également vers les missions de police, de douane et de renseignement, sur le terrain de la lutte antiterroriste et contre le narcotrafic. Si, aujourd’hui, il n’y a ni espace ni projet de prise de pouvoir par les militaires, la question du rôle et de la place des forces armées dans les États se pose cependant avec acuité. Mais ces questions se posent comme en creux : à la fois présents et absents, les militaires restent comme une menace pour la société tant que celleci ne se sera pas emparé de la seule question qui vaille au fond : à quoi servent les militaires, sinon à faire la guerre ?
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